Un grand Ami de la maison m’a dit « Bistral un jour… Bistral toujours! ». Je comprends maintenant. Il m’a fallu quelques temps avant d’accorder un moment à ce petit bistrot. Quelle idiote. Caché dans les arrières de l’avenue de Clichy, loin des beaux quartiers ou des lieux branchés, mais tout proche de la maison, cette jolie salle toute en longueur et les Sourires qui y travaillent, vous accueillent presque dans un autre temps. Pas vieillot. Pas démodé. Non, un autre temps, le leur. Le temps de prendre le temps. De regarder. D’écouter. D’échanger. Et de savourer.

Pour être très honnête, j’y ai trouvé vraiment plus que ce que j’en attendais. J’en avais une image très « cuisine bistrot » tendance traditionnelle, ou, au mieux, du bistrot un peu rajeuni. La réalité est tout autre… Cette maison cache bien son jeu… comme tout ce qui la compose…

Le parquet, classique sertit des « châteaux » et des « domaines » qui font rêver. Les tables au piètement de fer forgé, classique, sont recouvertes de mosaïque multicolores qui se révèlent être un décor parfait pour la photographe amateur que je suis. La carte des vins, sans chichi, renferme des petits nectars délicieux – et pourtant, côté vin, pas facile la Stef… Bref, ici, pas de tape-à-l’oeil ni de m’as-tu-vu. La finesse et la qualité se font discrets mais bien séduisants quand on pousse la porte de cette jolie adresse.

Même adorable surprise dans les assiettes. Un menu écrit, presque maladroitement, sur une grande ardoise abîmée. Des appellations sobres, loin des grandes phrases ronflantes. Et pourtant…

 

 

 

Délicieux foie gras allongé sur un tendre biscuit aux noix.
Il n’est pas dans notre menu mais la maison aime faire plaisir et découvrir. Elle aime raconter ses petits plats et son histoire. Elle aime nous regarder apprécier la très belle cuisson de ce petit pavé rose.

« Carpaccio de pied de cochon, betterave, sauce gribiche »
Magnifique surprise. Au premier coup d’oeil, j’ai su que je m’étais trompée. Franchement, je ne m’attendais pas à une telle finesse ni à un tel équilibre. Condiment gribiche déposé en quantité parfaitement mesurée, sur chaque lamelle de pied de cochon. La betterave pour le sucré et un peu de mâche. Des pousses qui titillent les papilles. De ci de là, un peu de compote de pomme et des touches de boudin noir. Tout est beau. Tout est bon. De la tradition superbement rajeunie.

Mon plaisir à profiter, bouchée par bouchée, de « mon » carpaccio de pied de cochon, est exhausté par le plaisir visible d’Isabelle qui avance avec délice dans la dégustation de ses noix de Saint-Jacques rosées et servies dans la douceur d’une purée de panais aux amandes. Elle sourit. Elle aime.

« Duo de joues de cochon braisées et ris de veau poêlé, aux légumes racines »… copeaux de jeune puntarella…
Celle-ci, elle est pour moi. La joue est l’un de ces « bas » morceaux qui me feraient parcourir des kilomètres. Le ris incarne la finesse et la douceur de la gastronomie. Le jus, relevé de la cuisson des légumes racines, est intensifié par des arômes agrumes et se laisse absorber sans rechigner, par un morceau du bon pain qui accompagne notre repas. Tout ce que j’aime réuni dans une assiette pour un meeting au somment de la gourmandise.

Isabelle, à la gourmandise différente, remplacera son plat par une ardoise de fromages… Je ne peux m’empêcher de lui chiper un peu de ce Saint-Nectaire dont l’image laisse deviner le visage buriné du fermier qui l’a amoureusement affiné, longuement, patiemment, dans ses caves… Et ce gouda au lait crû affiné 21 mois… Filez vite en acheter un gros morceau à l’épicerie de la maison « le Bis’ ». Car le Bistral, c’est ça aussi : la possibilité de retrouver les bons produits du restau chez soi !

« Moelleux au chocolat et sorbet clémentine maison »
Un grand classique que ce moelleux. Ultra traditionnel… Traditionnel aussi l’accord entre le chocolat et la clémentine… Mais le très bon du sorbet clémentine maison n’est pas traditionnel. Il est unique. Et ce dessert vient donner la dernière estocade aux préjugés que j’avais du Bistral.

« Tapioca de lait de coco au gingembre, sorbet passion »
La prochaine fois, je choisis celui-là! Isabelle nage de plaisir dans cette version « soleil levant » du traditionnel riz au lait… Gérald vient la repêcher avec ses…

Quelques grands noms du macaron business n’ont qu’à bien se tenir! Des précieux roses, aux bons goûts huile d’olive, chocolat blanc et gingembre, comme ceux-là, je n’en ai pas croisés beaucoup.

C’est fini?… Il faut partir?… Faire durer au maximum le plaisir en profitant des dernières gorgées d’un vin cuit agréablement fruité… Abricot… et épicé… Vanille…

Cette soirée fut un moment hors du temps.Affectueusement accompagnée d’une amie aussi gourmande et passionnée que moi, j’ai aimé prendre le temps de goûter les mets et les vins de Gérald, Alexandre et leur équipe. J’ai aimé, aussi, beaucoup, prendre le temps de les photographier dans ce cadre offrant un terrain de jeu formidable… Bref, j’ai aimé prendre le temps de découvrir l’âme de la maison.

Le Bistral

80 rue Lemercier – Paris 17

www.lebistral.com

01.42.63.59.61

Epicerie le Bis

Juste à côté du restaurant !

 

 

 

Isabelle’s point of view… playing with her iphone…


2 commentaires pour “… Aime le Bistral (restaurant – Paris), terrain de jeu et de gourmandise formidable”

  1. mamina dit :

    Sur le moment, j’ai souri… bistral c’est comme dire Mistral quand on est enrhumé, non?
    Ceci dit, je pense qu’il y avait trop de bonnes choses et je pense que j’aurais pu t’aider à déguster toutes ces merveilles…
    Je t’embrasse quand même, sans rancune. Bon dimanche, nous sommes sous l’eau.

  2. Stéphanie dit :

    on ne peut pas plaire à tout le monde.

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