2012… Te voilà… Avec le temps des voeux et des bonnes résolutions…
Et cette question posée au hasard d’un pot entre amis : « Et toi Steph? Quels sont tes souhaits? »… Oh moi, c’est simple. 2011 fut une année parfaite alors je ne souhaite que continuer sur la même lancée. Ne rien changer. Continuer à aimer mon boulot, ma passion. Continuer à aimer manger, mon loisir. Continuer à aimer voyager et rencontrer, ma nourriture essentielle. Oui, simplement continuer, sans changer le moindre assaisonnement.
« Et des résolutions? »… Apprendre à dire non… Je ne sais pas dire non. Impossible. Comment refuser une proposition de voyage? Comment refuser une invitation à se régaler? Comment ne pas signer une mission passionnante?… Non, ce n’est pas en 2012 que je dirai non ;)…
Et comment résister à l’appel de la rue Mazarine… Alors je ne résiste pas et ne peux m’empêcher de donner le ton à cette nouvelle année en allant m’immerger dans le monde de David le temps du premier déjeuner de 2012… Un « shoot’eat » lunch comme j’aime les surnommer… Seule, avec mon APN et mon bonheur.
Bigorneaux et truffes… Sense of simplicity
(et parce que je ne suis pas en amour avec le cresson qui vient normalement donner la liaison à ce duo)
Damier de noix de Saint-Jacques et truffe… Le bonheur à l’état pur… De ces plats qui font changer d’avis (Private message ;)!)… A chaque bouchée, une lamelle de Saint-Jacques, une lamelle de truffe et quelques herbes. Je me les prépare avec minutie, anticipant chaque vague de plaisir… Prendre son temps. Faire durer… Beauté du mariage des opposés. Noir et blanc. Lisse et marbré. Ferme et tendre. Terre et mer… United colors of flavours.
Tourteau, pamplemousse et consommé à la carotte… Héhé, il est là… Mon petit cube coquin de zeste. Mon point d’exclamation! Mon injection d’amertume pour me réveiller du demi sommeil de la gourmandise hypnotisante… Il est là et ne sera croqué, tous les sens en alerte, qu’avec le 3ième petit bouchon de tourteau. Avant d’apaiser les sens emplis d’amertume, par la douceur du bouillon.
Topinambour… Chair, mousseline, chips.. Si j’étais une truffe, c’est dans cette terre de saveurs et textures que je voudrais pousser.
Oeuf parfait, maïs, cumin… Un de ces plats d’enfants… Saveurs sucrées. Plaisir de retrouver le gout du pop-corn caché dans un coussin tendre au maïs peut-être torréfié (?)… Pointe de sel et note grasse du jaune, comme le beurre fondu qui enrobe les grains de maïs éclatés avant d’y jeter le sucre… Et le cumin?… Il est là. Il ne se glisse nul part dans mon histoire de pop-corn et pourtant, nous avons la conviction qu’il est indispensable… Voyez la tige de l’herbe délicatement enfoncée dans son coussin de mousse?… Tout le plaisir est rendu visible dans ce détail infime.
HuÎtre, cedrat, sarrasin… David, ne m’en veux pas. Mais cette assiette, c’est « mon » Dacosta à Paris. L’iode, l’agrume… L’utilisation d’un gel qui vient voiler avec sensualité, la beauté de l’huître. Je repars le temps de quelques bouchées dans la fraicheur du QDR par un joli jour d’automne. Le soleil traverse les voilages… Souviens-toi David, tu étais là… Puis le sarrasin claque entre les dents et, tel le « vous vous réveillez » de l’hypnotiseur, il me ramène à mon bonheur présent … C’est bien à Substance que je suis. Et c’est bien David qui me régale.
Potiron, speck, miettes de pain… Je savoure cette « petite soupe maison » qui doit cacher ses origines dans les bons plats familiaux que devait préparer Maman Toutain. Je savoure en regardant David et son équipe. Les yeux se régalent, s’enivrent de la beauté des gestes. Précision. Finesse. Féminité même.
Oeufs de caille, jeunes poireaux, Et du beurre. Et des grains de sucre et de sel glissés dans le sable… Je suis immédiatement happée par les petites têtes échevelées des jeunes poireaux. Ca ne s’explique pas. Petits personnages à la touche halloweenesque… Je les aime. Je vais me les croquer ;)
Risotto, céleri, châtaigne et truffe… De ces plats qui vous font venir un sourire béat à la seconde où ils arrivent devant vous… Parce que vous savez déjà que durant les 10 prochaines minutes, le ciel peut bien vous tomber sur la tête que ça ne vous sortirait pas de votre extase.
Choux de Bruxelles et coques. Des coques à la cuisson courte ne visant qu’à faire tomber toute résistance du coquillage face à l’ouverture et à l’extraction de sa chair tiède et pure… Coeur de choux de Bruxelles confits (au beurre, what else?)… Et au fond, un peu (trop peu) d’eau du coquillage qui se mêle au jus beurré des choux. Saucer. Savourer. Jusqu’au bout.
Saint-Pierre, crosnes, laurier… Sublime. Bien sûr David annonce « Saint-Pierre ». Mais pour moi, il devrait se nommer « laurier ». Car c’est lui qui libère ses arômes charmants. C’est lui qui est omniprésent dans nos cuisines et nos traditions. Mais c’est lui aussi que nous ne mettons jamais en avant. Comme un vieil acteur de cinéma ayant fait sa carrière dans les seconds rôles, ou dans la figuration. Pourtant, ce second rôle donne sa dimension au scénario qui serait bien fade sans lui. David réalise, ici, un film qui le met en vedette. Oscar, César et tous les autres.
Agneau, betterave, orge, hibiscus… Etrange… Je vis l’expérience d’un plat qui est très bon (excellent même) mais qui ne me touche pas… Perturbant. J’y ai pensé longtemps avant de comprendre pourquoi. Il fallait que je sache avant d’écrire. Puis j’ai compris… Ce plat (surtout l’agneau), je serais surprise si je le trouvais à la table de Dacosta… De l’inconscient surgit la conscience que, oui, définitivement, tu es cette porte qui me permet de me glisser de « l’autre côté ». Comme un passage qui ne s’ouvre sur le remblai de Dénia que quand je me retrouve agréablement « coincée » entre 5 miroirs… Aimer ce plat pour avoir mis en lumière cette réalité.
Mon dessert… Euh, pardon, Peau de lait, panais et cédrat. Ma Peau de Lait. Elle est là. Elle avait disparu du menu. Elle m’est revenue. Plus belle que jamais. Je la fais tourner devant moi et la dévore des yeux sous tous les angles. Regarder danser la lumière sur le soyeux de la crème glacée et dans le craquelé de ma peau… Ce dessert a une histoire. Ce dessert est Amour… Ce dessert est une histoire d’Amour.
Chocolat… Un autre connu et aimé… Pour varier les plaisirs, je le mangerai élément par élément. Les déchirés de brownies. Les tuiles cacao… Pour finir par la note fraiche et gourmande de la crème glacée. Doucement…
Encore profiter du souvenir de ce superbe déjeuner… Encore… En silence, tandis que je vous laisse découvrir la nouvelle formule (déjeuner). Substance 2012.
Et c’est toujours au 66 rue mazarine…
Et si je faisais la résolution d’un « shoot’eat » lunch par semaine…


















